The Shrine (2010)

Ce film canadien, qui a toutes les caractéristiques des productions direct-to-video horrifiques telles qu'on les connait depuis les années 2000 (la main lourde sur la colorimétrie, un acting au mieux sans éclat, une mise en scène systématiquement faible...), se démarque cependant grâce une idée scénaristique inattendue. Sans sombrer dans le Z, comme la majorité des productions de ce genre, cette série B commence pourtant par enchaîner les poncifs : les héros vont au fin fond de la Pologne pour enquêter sur la disparition d'un touriste Canadien, qui est le dernier d'une liste déjà longue. Il se passe quelque chose de pas net dans les campagnes arriérées de l'Europe de l'Est, et l'héroïne, une journaliste en mal de scoop, est bien décidée à ramener du sensationnel. Seule nouveauté par rapport au même type de film tourné 10 ou 20 ans plus tôt : les sexes sont inversés, les personnages qui poussent le groupe à outrepasser la prudence pour découvrir une vérité qui de toute évidence va leur être fatale, sont les deux filles, tandis que c'est le petit ami de l'héroïne qui ne cessera de les mettre en garde et suggérera de rebrousser chemin. Pour le reste, on s'attend à une peinture grossière des villageois polonais, dont aperçoit déjà les femmes en tenue traditionnelles dès l'arrivée des Canadiens dans la campagne. Pour le reste, si la mise en scène est peu inspirée, le film évite l'ennui profond grâce à un acting acceptable malgré tout, une photo propre (même un peu trop), et surtout à la première scène vraiment captivante qui incite à ne pas stopper le visionnage, ce dont on sera récompensé à la fin.

Alors qu'on attend désormais la suite ininterrompue des éternels clichés des films d'horreur sur l'éternel "Sud profond", l'intérêt se réveille quand les personnages découvrent une statue de démon dissimulée dans un brouillard dense et immobile en plein milieu de la forêt. Mis à part les effets numériques visible, la scène est saisissante visuellement mais sans laisser soupçonner qu'il y aurait peut-être quelque chose de plus dans cette histoire que des sacrifices humains offerts à quelque démon dans le cadre d'un culte païen oublié.

Le reste du film retombe dans les poncifs du genre, les héros sont découverts puis capturés par les villageois, une des filles est sacrifiée, etc., jusqu'à la dernière partie où éclate l'idée vraiment intéressante du film. Alors que le couple de héros cherche à s'enfuir, on comprend dans un twist rapide que le sacrifice ici n'est pas une offrande, mais un moyen de combattre le Démon. Car les villageois se révèlent être de bons chrétiens malgré tout, seulement qui a vu la statue dans la forêt finit par devenir un des avatars de Satan, dont on ne peut se débarrasser qu'en opérant un rituel dont le final consiste à lui clouer un masque sur le visage. Le twist est efficace, la scène où tous affrontent l'héroïne possédée par le Démon est de loin la meilleure du film, et il ne manquerait qu'une mise en scène plus inspirée sur l'ensemble du métrage pour l'élever au-dessus de la masse des direct-to-video qui pullulent depuis l'avènement des lecteurs DVD et des caméras numériques...